4 - Les nourritures pour alevins et larves SOMMAIRE

Les alevins de poissons marins sont le plus souvent de petite taille, ne leur permettant pas en général d'absorber dès leur démarrage des nauplies d'artémia. Il faut donc leur fournir une alimentation de taille adéquate afin de ne pas les voir mourir de faim en quelques jours. Le zooplancton marin le plus facile à se procurer sont les rotifères de l'espèce Brachionus plicatilis. Les souches sont disponibles sur commande auprès de certains détaillants spécialisés, chez certains producteurs comme: http://www.marine-life.fr

- Brachionus plicatilis

Parmi les très nombreuses espèces de rotifères, il semble exister deux variétés de B. plicatilis, l'une dont la taille est approximativement de 120 microns, taille excessive pour certaines espèces comme Gramma Loretto et les demoiselles, et une autre de morphologie strictement identique mais dont la taille adulte n'excède pas 80 microns.

L'élevage et la multiplication de la souche est aisée dès lors que l'on produit en quantité suffisante le phytoplancton qui la nourrira. On utilise traditionnellement l'algue unicellulaire Dunalelia salina, mais en fait toutes les espèces d'algues produisant de l'eau verte permettent d'alimenter et de multiplier la souche de Brachionus. La première étape réside donc dans la production intensive de phytoplancton. La méthode est simple: on ensemence un récipient transparent (une bouteille d'eau minérale fera parfaitement l'affaire), remplie d'eau de mer vieillie et totalement exempte de toute trace de traitement médicamenteux, avec la souche d'algue, on y insère un diffuseur qui doit assurer un brassage puissant et on l'expose à une source de lumière intense au moins 12 heures par jour. Il faut enfin maintenir ce récipient à l'étuve entre 25 et 30 °. Si ces conditions sont correctement appliquées l'eau de la bouteille verdira en 7 à 10 jours. Il faudra alors repiquer la souche dans 2 ou 3 autres bouteilles identiques, neuves et propres, afin de maintenir et multiplier la souche de phytoplancton. L'une de ces bouteilles, une fois l'eau bien verdie, pourra alors être ensemencée avec la souche zooplanctonique. Vous n'aurez rien d'autre à faire que de réduire le brassage au minimum permettant d'éviter la sédimentation des Brachionus. En 10 jours environ votre récipient sera envahi par les rotifères, la couleur verte de l'eau aura disparu et sa teinte sera alors brun clair. L'observation à la loupe permet de voir des milliers d'organismes planctoniques nager activement. La maintenance quelques jours de plus aboutira immanquablement à la mort de tous les individus. C'est donc avant leur disparition qu'il vous faudra repiquer la souche sur une nouvelle bouteille de phytoplancton.

L'un des points essentiels est de toujours disposer de phytoplancton, c'est pourquoi il ne faut pas hésiter à en produire en quantité et à le filtrer régulièrement sur un tamis de 10 à 20 microns afin d'éliminer toute trace de zooplancton qui aurait pu contaminer votre culture. C'est un point sur lequel vous devrez être particulièrement vigilant car c'est par la contamination lors des manipulations que l'on perd le plus fréquemment la précieuse souche de phytoplancton sans laquelle les rotifères mourront rapidement. Il faut alors se procurer une nouvelle souche et tout redémarrer à zéro....

- Ciliés, micro-crustacés, micro-vers et autres espèces planctoniques

Bien qu'à notre connaissance aucune communication dans les médias aquariophiles destinés aux amateurs n'en fasse état, il existe de nombreuses autres espèces planctoniques, de taille adéquate, tout à fait utilisables comme aliment de départ. Leur mode de culture est soit strictement identique à celui des rotifères soit encore plus simple car il suffit alors de leur fournir des matières organiques en décomposition. Le problème réside ici dans le fait de se procurer la souche de départ. Les coquilles d'huîtres, ainsi que l'eau contenue dans ces dernières et dans tous les bivalves marins que vous pourrez vous procurer sont un bon moyen de découvrir une souche. Le filtrage sur tamis de 20 microns de l'eau de marais salés des zones littorales ou de l'eau prélevée au beau milieu des colonies de varech à marée basse est également une méthode intéressante.

L'observation à la loupe binoculaire d'un prélèvement fait sur une des vitres de vos bacs, dans du perlon non nettoyé depuis quelques jours ou dans une colonie d'algue filamenteuse vous permettra de découvrir plusieurs espèces de micro-organismes, ciliés en général dont la taille, de 50 à 200 microns, est convenable . Certaines d'entre elles sont cultivables et utilisables pour nourrir vos alevins les premiers jours.

Pour se lancer dans ce type de technique il vous faut disposer au minimum d'une loupe binoculaire x 800 et si possible d'un microscope. Ceci s'adresse aux amateurs avertis et touche aux domaines professionnels, ce qui dépasse les prétentions de ce site....

peut toutefois vous proposer des souches si l'espèce que vous désirez reproduire le nécessite...

- Nauplies d'artémia

Les nauplies d'artémia restent un aliment incontournable, en ce sens que les alevins qui commencent à en absorber peuvent en général êtres considérés comme sauvés.

Cependant ce qui est vrai pour les alevins de poissons ne l'est pas pour les larves de crustacés. En effet celles-ci dévorent immédiatement les jeunes nauplies que vous leur proposez, les difficultés d'élevage résident ici à un autre niveau, nous y reviendrons (rubrique "vécu").

L'obtention de nauplies ne pose aucun problème, versez l'équivalent d'une cuillère à moka d'oeufs d'artémias (disponibles chez tous les détaillants) dans un verre à moutarde d'eau de mer, brassez fortement avec un petit diffuseur, maintenez à 25°, vous obtiendrez en 20 heures environ des nauplies fraîches. Retirez alors le diffuseur et placez le récipient à proximité immédiate d'une source de lumière. Les nauplies, photophiles, vont se masser à proximité de la source lumineuse. Les oeufs non éclos reposent sur le fond et les coquilles vides flottent en surface. Vous n'avez plus qu'à aspirer judicieusement les nauplies sans aspirer les oeufs. Pour affiner encore le tri vous pouvez rejeter le produit de votre aspiration dans un récipient rempli d'eau de votre bac et renouveler l'opération. N'oubliez pas de replacer le diffuseur dans le récipient pour maintenir vos nauplies en vie jusqu'au prochain prélèvement.

Seules les nauplies fraîchement écloses (moins de 24 heures) devront êtres utilisées comme aliment de démarrage; Tout d'abord pour des raisons de taille, le naplius subissant une croissance de 150 % au cours des 24 premières heures, et d'autre part en raison de la baisse rapide de leurs qualités nutritives une fois le vitellus de la nauplie consommé.

Les nauplies plus âgées pourront êtres utilisées, si tant est qu'elles aient été convenablement nourries avec par exemple de l'eau verte, comme aliment pour vos alevins de plus grande taille.

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