3 - Matériel, le nécessaire et le suffisant <sommaire>
simple et pas cher, le coin des bricoleurs
Contrairement à une idée répandue, le succès en aquariophilie marine, et qui plus est dans la reproduction, ne réside pas tant dans le suréquipement onéreux que dans le respect de règles simples mais néanmoins immuables. Le bon sens et les "systèmes D" étant le plus souvent nos meilleurs alliés.
LES BACS LA FILTRATION L' ÉCLAIRAGE L'ÉCUMAGE LES DENITRATEURS
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Les volumes que nous allons vous proposer vont faire bondir la majorité des aquariophiles marins..., nous vous rappelons que notre propos est la reproduction et que les petits volumes ont le grand avantage de faciliter le recueil non traumatique des larves et alevins ainsi que celui de permettre pour un coût supportable de maintenir une qualité d'eau adéquate.
En ce qui concerne les matériaux, rien de bien original, bacs en verre collé pour les capacités de plus de 50 litres, en deçà, les cuves thermoformées en plexiglass seront utilisées.
Le bac de maintenance des géniteurs aura un volume qui dépendra du type d'espèce que l'on désire reproduire. La maintenance d'un couple de petites crevettes ou de bernard-l'ermite pourra se faire sans problème dans un volume de 30 à 50 litres, alors que si l'on espère faire pondre un couple de balistes, un volume de 450 litres semble un minimum. Pour les espèces les plus faciles pour débuter, comme les Amphiprions, 80 à 150 litres semblent un volume raisonnable compte tenu du fait que le couple géniteur sera maintenu de préférence seul et avec une anémone symbiotique dont ils ne s'éloignent de toutes façons jamais à plus de quelques dizaines de centimètres.
Les bacs d'élevage des larves et alevins ont un volume de 10 à 50 litres et se composent:
A- Du bac principal, équipé d'un filtre aérobie et éventuellement d'un écumeur, d'un combiné de chauffage thermostatique classique et d'une aération puissante.
B- De petits bacs de volume d'un litre environ, disposés au sein du bac principal, fenêtrés par une toile technique de maillage variable en fonction de la taille du plancton de nourrissage à retenir. Un circuit d'eau permanent alimente ces bacs secondaires et une aération individuelle leur est allouée, avec une puissance variable selon le type de larve à élever.
SOLUTIONS
PETITS BUDGETS:
Affranchissez vous du surcoût des aquariums au look souvent discutable, utilisez de préférence des cuves nues en verre collé, leur prix est généralement très attractif, comptez 60 euros pour une cuve de 100 l., 180 euros pour une cuve de 600 l. N'hésitez pas en outre à fouiner, les déchetteries municipales regorgent de cuves en parfait état abandonnées par d'ex- aquariophiles déçus..., c'est gratuit !!! Les brocantes et autres vides-greniers sont également des sources bien fournies en bacs de petits et moyens volumes que l'on peut acquérir pour 15 ou 30 euros. Attention, seules les cuves en verre collé seront récupérées, les bacs à cornières métalliques ne doivent en aucun cas être utilisés. Un bon nettoyage à l'eau vive à l'aide d'une éponge neuve et sans détergent les rendra parfaitement utilisables.
LA FILTRATION:
Ici encore le choix du type de filtration dépendra du volume du bac. Tous les
systèmes de filtration consistant à faire circuler l'eau sur un substrat bactérien aérobie permettant une dénitrification efficace sont utilisables, de toutes façons ils aboutissent tous à la transformation des nitrites (NO2), très toxiques, en nitrates (NO3), non toxiques de façon aiguë sur les poissons et crustacés (nous ne traitons pas ici des coraux) et dont le taux sera seulement
à maintenir en dessous de seuils qui sont en réalité bien au delà de ce qu'il est courant de lire dans la littérature, dont la tendance "nitratophobe" actuelle, bien que louable, nous parait fort excessive au regard de notre expérience en aquariologie.

SOLUTIONS
PETITS BUDGETS:
Tout récipient: seau, bouteille plastique, etc... adapté de façon à ce que l'eau circule conformément au principe du schéma ci dessus se transformera aussitôt en un filtre efficace. Le volume du filtre et le débit d'eau seront à adapter au volume du bac, comptez 1L de filtre pour 100L d'eau. Pour les petits volumes, la sortie "pompe" du schéma peut être remplacée par un exhausteur.
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Un des principes de base est d'extraire le plus tôt possible, avant toute transformation chimique, le maximum de substances organiques susceptibles de rentrer dans le cycle de l'azote. A savoir: résidus alimentaires non consommés, organismes (animaux et végétaux) morts, déjections animales, algues qui pour se développer consomment de l'azote organique sous forme de NO3 et dont la récolte (parois du bac) participe à l'élimination de cet azote. La méthode de récupération la plus efficace de ces éléments en suspension dans l'eau reste le brassage efficace associé à la préfiltration sur perlon et surtout à l'utilisation de cloches contenant du perlon en entrée des pompes de brassage. Ce principe de "prélèvement à la source" n'a bien entendu d'intérêt qu' à la condition que l'aquariophile assidu que vous êtes, se prête au nettoyage quotidien de la ouate de perlon, afin d'extraire du bac les éléments collectés avant leur entrés dans le cycle de dégradation de l'azote. Ceci n'a pas vocation à se substituer à la filtration aérobie, mais à la soulager en diminuant la masse de matière à transformer, permettant ainsi de réduire d'autant la production de Nitrates.
L'ECLAIRAGE:
Deux seules solutions classiques sont à retenir pour le bac de maintenance des géniteurs:
-Soit un éclairage halogène HQI 10.000 K
-Soit une combinaison de 2 tubes néon, 1 néon 10.000 K (type "AQUASTAR") + 1 néon bleu (type "MARINE GLO").
Il est indispensable de s'en tenir à ce type de lumière, seule capable d'assurer l'apport en énergie lumineuse nécessaire à la survie des anémones commensales des Amphiprions. Les autres types de lampes favorisent en outre la croissance d'algues indésirables et leur effet esthétique est très médiocre.
SOLUTIONS
PETITS BUDGETS:
On trouve régulièrement des rampes néon 36 W en promotion dans les grandes surfaces de bricolage pour moins de 8 euros. Attention, le tube néon fourni d'origine devra être remplacé par un type adéquat.
L'ECUMAGE:
Si l'écumage n'est pas strictement obligatoire, c'est cependant un puissant allié pour le maintien d'une bonne qualité d'eau. Comme la préfiltration sur perlon, il permet l'élimination de quantités de substances dissoutes avant leur entrée dans le cycle de l'azote. Il permet également d'extraire de l'eau de votre bac une partie des colorants provenant de l'aboutissement de la chaîne du cycle de l'azote.
Le principe est simple, il s'agit de produire une quantité maximale de fines bulles dans une eau fortement brassée au sein d'un récipient confiné. Ceci provoque la formation d'écume, concentré de matières organiques, qu'il faut ensuite extraire du circuit d'eau de l'aquarium.
Un des obstacles majeurs à leur utilisation systématique est le prix de l'équipement, totalement injustifié au regard de la simplicité technique de ce type d'appareillage. Il faut en effet compter entre 1.000 et 3.000FF (env. 150 à 450 euros) pour acquérir un écumeur efficace (les modèles bon marché de type "picolo", sans circulation d'eau et dépendants du niveau d'eau du bac dans lequel ils sont installés sont à exclure eu égard à leur rendement extrêmement médiocre).
SOLUTIONS
PETITS BUDGETS:
Un modèle d'écumeur de qualité satisfaisante, le "Super Skimmer" est proposé sur le très intéressant site " MARS". Il reste néanmoins relativement onéreux et les matériaux sont moyennement faciles à se procurer. Comptez 150 euros pour le kit, auxquels il faut ajouter 110 euros pour la pompe EHEIM 1060 avec laquelle il est conçu pour fonctionner.
Construisez
vous un écumeur efficace pour le prix d'une paire de pompes...
LES MATERIAUX: Je vois d'ici certains sourires narquois...si,si, je les vois...
Tout ce qui suit est très sérieux. Vous serez surpris par les performances de ce
petit écumeur qui, si il n'atteint pas le niveau des modèles les plus sophistiqués,
coiffe sur le poteau bon nombre de modèles fort onéreux.
Que les sceptiques tentent l'expérience, retroussez vos manches.
Réalisation: 1 heure, séchage: 24 heures.
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- 1 bouteille plastique rigide à col long type "SAN PELLEGRINO" - 2 bouteilles plastique d'eau minérale plate de section ronde type "EV - 1 bouchon de bouteille d'eau minérale de 5 L - 2 coudes à 90° et 20cm de tube rigide ICO 25mm pour câbles électriques. (3 euros) - 1 manchon droit de raccord pour tube rigide ICO 25 mm ( 3 euros) - 20 cm de tube PVC diamètre 32 (2 euros) - 1 plaque de PLEXIGLASS de 10 x 20 cm ( 5 euros) - 1 bulleur en bois de 5 cm (1,5 euros) - 2 m de tuyau à air siliconé. (2,5 euros) - 1 pompe à eau "MAXI JET" 1000 L/H (30 euros) - 1 pompe à air 300 L/H ...... (18 euros) - 1 tube de colle Silicone (4,5 euros) |
Le réglage de l'écumeur sera correct lorsque le jus recueilli dans la coupelle aura la couleur du thé. Si vous obtenez une quantité abondante d'un jus trop clair il vous faut abaisser le niveau d'eau dans la bouteille, soit en raccourcissant la canne de rejet (6), soit en diminuant le débit de la pompe à eau. Si, au contraire, vous n'obtenez que peu ou pas de jus, il faut alors augmenter le niveau d'eau dans le bouteille, soit en rallongeant la canne de rejet (6), soit en augmentant le débit de la pompe à eau. Une fois bien réglé, vous extrairez quotidiennement environ 1,5 cm, soit 60 cc d'un jus sombre.
Bien qu'ils ne soient pas indispensables, ils participent au bouclage du cycle de l'azote en éliminant les nitrates (NO3) sous forme d'azote gazeux (N2).
Il existe deux méthodes, séduisantes mais ayant leur limites:
1 - LE SYSTEME JAUBERT:
Il s'agit ici de créer, au sein d'une épaisse couche de sable une zone anaérobie où les bactéries procèderont à la respiration nitrate, c'est à dire qu'elles "respirent" de l'azote au lieu de l'oxygène, absent du milieu. Les nitrates sont alors transformés en azote gazeux selon l'équation simplifiée: 2NO3+ 12H ====> N2 + 6 H2O
Ce système revient en fait à fabriquer une grosse pierre vivante. Aussi séduisante que soit cette méthode sur le plan théorique, il faut reconnaître que sa mise en oeuvre est fort décevante, le système, que nous avons testé à plusieurs reprises, permettant tout au plus de contrôler le taux de nitrate mais ne nous ayant jamais permis de les faire disparaître.
Les raisons de ces échecs restent obscures à nos yeux...
2 - LES DENITRATEURS AUTOTROPHES AU SOUFFRE:
Ici encore on utilise la capacité de bactéries anaérobies à réduire les nitrates en azote gazeux. La particularité réside ici dans l'utilisation du souffre comme source d'énergie.
4 NO3 + 3S ====> 2 N2 + 3 SO4
La méthode produit des sulfates, réputés non toxiques.... (comme on le disait des nitrates il y a une vingtaine d'années...) et abaisse fortement le PH. D'autre part un dérèglement du débit de l'arrivée d'eau est susceptible de provoquer une forte poussée de nitrites. Pour ces raisons nous n'utilisons pas ce type d'appareil sur les bacs d'élevage.
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En ce qui concerne les bacs d'élevage, leur faible volume permet aisément et à faible coût de maintenir le taux de nitrates à des valeurs très basses en procédant tout simplement à des changements d'eau hebdomadaires de 20% du volume environ. Cela dit, nous avons pu constater que les alevins d'Amphiprions ne présentaient pas de surmortalité lors de leur élevage dans une eau fortement chargée en nitrates (200mg/l !!!). Cette réflexion n'est pas valable en ce qui concerne l'élevage des larves de crustacés, sauf les larves de "bouquets" qui survivent et se développent jusqu'à maturité dans des conditions de pollution surprenantes.